Pour permettre aux personnes surendettées de faire face à leurs difficultés, la loi du 5 juillet 1998 entrée en vigueur le 1er janvier 1999 a introduit une procédure judiciaire de règlement collectif de dettes.
La demande de règlement collectif de dettes doit être adressée au juge des saisies (la loi a été modifiée en décembre 2005, la compétence du règlement collectif de dettes va passer au tribunal du travail en 2007) qui désigne un médiateur de dettes (avocats, notaires, huissiers ou services de médiation de dettes agréés). Ce dernier est chargé de mettre en place un plan de règlement devant permettre aux personnes concernées de rétablir leur situation financière tout en conservant des conditions d’existence décentes.
La personne qui introduit une demande de règlement collectif doit être surendettée au sens de la loi, c’est-à-dire ne plus être capable de manière durable de payer toutes ses dettes exigibles ou à échoir, elle ne doit pas avoir organisé son insolvabilité (c’est-à-dire avoir agi autrement que par naïveté ou ignorance), elle doit être une personne physique, majeure, domiciliée en Belgique et non commerçante (ou ne plus l’être depuis 6 mois).
Le plan amiable
Le plan amiable est négocié par le médiateur avec l’ensemble des créanciers et la personne surendettée, et aboutit en cas d’accord par une homologation du plan par le juge.
Le plan amiable prévoit toutes les mesures devant permettre le remboursement des dettes, à savoir leur rééchelonnement. Les frais et intérêts sont annulés en début de procédure. La modification de la loi en décembre 2005 prévoit à présent la possibilité pour les créanciers d’accorder une annulation partielle ou totale des dettes. Cette modification prévoit également le remboursement en priorité
des dettes qui mettent en péril le respect de la dignité humaine.
La durée du plan amiable n’est pas limitée par la loi mais ne doit pas être trop longue dans le souci du respect de la dignité humaine.
Le plan judiciaire
Dans le plan judiciaire, c’est-à-dire dans l’hypothèse où aucun accord n’est intervenu entre le débiteur, le médiateur judiciaire et les créanciers, le juge peut imposer un plan de règlement d’une durée maximale de cinq ans (une prolongation est envisageable à la demande de la personne et uniquement dans le but de protéger son patrimoine ou respecter de la dignité humaine). Ce plan doit permettre le remboursement de toutes les dettes en capital.
Si le remboursement de toutes les dettes en capital ne peut être réalisé en 5 ans, le juge pourra imposer une remise de dette partielle et imposer au débiteur une vente de ses biens mobiliers et/ou immobiliers uniquement si la vente est utile pour le remboursement des créanciers. On appelle cela le plan judiciaire extraordinaire.
Parallèlement au plan, le juge peut imposer d’autre mesure d’accompagnement (guidance budgétaire, thérapie, …). La modification de décembre 2005 prévoit en outre que le juge peut accorder une remise totale de dettes uniquement pour les personnes qui sont en situation d’insolvabilité totale et définitive.
La fin de la procédure
Celle-ci peut prendre fin de quatre manières différentes :
- Par la fin des remboursements et le respect des mesures d’accompagnement imposées par le juge ;
- Par le décès (les héritiers ont en général tout intérêt à renoncer à la succession) ;
- Par le non-respect du plan ou lors de situation d’insolvabilité non définitive
- À la demande du débiteur.
Il est à noter que pour ces deux dernières manières, les créanciers peuvent à nouveau mettre en branle la récupération forcée de leurs créances et que tous les frais et intérêts sont recalculés.
Si la personne désire recevoir des informations sur le règlement collectif de dettes, ou encore entamer une procédure en règlement collectif de dette elle peut s'adresser à
un service de médiation de dettes.