Procédures en conciliation
Dans un premier temps, le bailleur ou le locataire peut demander l’avis du juge de paix dans le cadre d’une procédure en conciliation. Les plus grands avantages de cette procédure sont sa totale gratuité et sa rapidité.
Celui qui souhaite introduire cette procédure de conciliation doit s’adresser au greffe et déposer une demande (appelée « requête »). Cette demande peut même s’effectuer verbalement, mais pour des raisons de compréhension, les juges de paix demandent souvent qu’elle soit écrite.
Le greffier convoque par simple lettre celui qui a introduit la demande et celui contre qui elle est dirigée. La convocation indique la date à laquelle le juge les entendra. Le juge écoute les parties, et proposera généralement une solution. Plusieurs possibilités peuvent se présenter :
- Une des parties ne se présente pas. Le juge de paix le constate, et le demandeur n’aura pas d’autre possibilité que d’introduire une procédure judiciaire.
- Le juge de paix parvient à concilier les parties. Dans ce cas, il leur fera signer un procès-verbal d’accord, qui aura la même valeur qu’un jugement. Si une des parties ne respecte pas les termes de l’accord, l’autre partie pourra l’y contraindre.
- Le juge de paix ne réussit pas à concilier les parties. Dans ce cas, il ne restera que la procédure judiciaire. Il faut cependant noter que cette procédure sera introduite devant le même juge qui, en toute logique, imposera la solution qu’il aura proposée en conciliation. Pour cette raison, les parties accepteront plus facilement la solution proposée dans le cadre de la procédure en conciliation.
Procédures judiciaires
À défaut de tentative de conciliation, ou si le juge de paix n’est pas parvenu à mettre le bailleur et le locataire d’accord, la partie demanderesse devra prendre l’initiative d’introduire une procédure judiciaire.
Il existe plusieurs manières d’introduire la procédure :
1. La comparution volontaire devant le juge.
Le bailleur et le locataire constatent qu’ils ne peuvent résoudre leurs problèmes ensemble. Ils désirent demander au juge de statuer : dès lors, ils signeront ensemble un document par lequel ils définissent les problèmes et leurs positions respectives, et ils demandent au juge de se prononcer sur les différents points. Cette procédure est beaucoup plus rapide, et entraîne des frais de justice extrêmement réduits. Par contre, elle nécessite l’accord des deux parties pour porter le litige devant le tribunal, ce qui sera rarement le cas.
2. L’introduction de la procédure par requête.
Celui qui souhaite l’intervention du juge peut saisir le juge de paix en déposant une demande (une requête) en double exemplaire au greffe de la justice de paix. La requête n’est pas toujours facile à rédiger : pour être valable, elle doit obligatoirement contenir certains éléments prévus par la loi; elle est ensuite déposée au greffe avec un
certificat de résidence récent de l’autre partie (pour permettre au greffier de prendre contact avec elle). Le greffier convoque les parties à une audience du juge de paix, par un pli recommandé auquel la requête est annexée. Cela permet à chacun de connaître les motifs invoqués et d’être présent à l’audience. Cette procédure permet d’éviter les frais d’un exploit d’huissier.
3. La procédure par assignation.
La procédure peut également être introduite par assignation ou citation (c’est-à-dire par un exploit d’huissier dans lequel une partie des arguments du demandeur seront repris). Cela signifie que le demandeur peut s’adresser à un huissier de justice qui se rendra chez le défendeur en lui communiquant la date à laquelle il devra comparaître devant le juge. Cette procédure est cependant moins rapide et entraîne plus de frais que les autres.
La loi n’impose pas
l’intervention d’un avocat: elle est cependant fortement conseillée. En effet, le particulier peut plus difficilement rédiger les documents et développer les arguments juridiques que l’avocat qu’il aura consulté.
À l’audience, chacun pourra développer ses arguments. Le juge prononcera ensuite son jugement.
Il pourra prendre plusieurs mesures, dont, par exemple :
- La condamnation du locataire au paiement d’arriérés de loyers ;
- La condamnation du propriétaire à effectuer les travaux nécessaires ;
- L’expulsion du locataire ;
- Toute autre mesure qu’il estimera appropriée.
Si une des parties n’a pas comparu, elle pourra toujours s’opposer au jugement dans les
30 jours en demandant au juge de paix de recommencer la procédure.
Il est de loin préférable de demander à un avocat de se charger de cette éventuelle procédure en opposition. De même, si une des parties n’accepte pas les termes du jugement, elle pourra interjeter appel : cela signifie qu’elle pourra demander qu’un autre tribunal soit chargé de régler le litige. Dans ce cas, l’affaire reviendra devant
le tribunal de première instance.