Notre pays connaît pas moins de quatre régimes d’allocations familiales : le régime des travailleurs salariés, celui du secteur public, celui des travailleurs indépendants et le régime des
prestations familiales garanties.
A. LE REGIME DES TRAVAILLEURS SALARIES
Le régime des allocations familiales pour travailleurs salariés est chargé non seulement des allocations familiales pour les travailleurs actifs, mais aussi pour les chômeurs, malades, invalides, pensionnés et décédés. Il est financé essentiellement par des cotisations de sécurité sociale.
B. LE REGIME DU SECTEUR PUBLIC
Il n’existe pas de régime pour le secteur public, contrairement au régime des travailleurs salariés ou des travailleurs indépendants, où une organisation centrale gère le régime.
Les fonctionnaires reçoivent les allocations familiales en vertu de la même législation que les travailleurs salariés. Il existe cependant une différence importante : les allocations familiales sont payées pour les enfants à charge jusqu’à l’âge de 21 ans, même si l’enfant ne va plus à l’école ou n’est plus sous contrat d’apprentissage. Dans le régime des travailleurs salariés, le droit inconditionnel n’existe que jusqu’à 18 ans.
Normalement, les allocations familiales sont payées avec le traitement du fonctionnaire, sauf lorsqu’il est spécifiquement demandé de les payer à la personne qui élève l’enfant.
L’Etat, les Communautés, les Régions et les organismes publics paient eux-mêmes les allocations familiales à (une partie de) leur personnel, à charge de leur propre budget. Ils peuvent cependant demander à l’Office d’effectuer ce paiement, mais toujours à charge de leur propre budget.
Les services publics fédéraux, la plupart des institutions scientifiques et les corps spéciaux (tels que l’armée, la police et l’appareil judiciaire) paient eux-mêmes les allocations familiales à tous les membres de leur personnel (c’est généralement le SCDF qui gère les dossiers et effectue les paiements).
La plupart des organismes publics ne paient eux-mêmes les allocations familiales qu’à leur personnel statutaire. Pour les contractuels ordinaires, c’est l’Office national d’allocations familiales pour travailleurs salariés ou une autre caisse d’allocations familiales qui paie les allocations familiales. L’ONAFTS est également compétent pour les contractuels subventionnés.
Bien qu’un certain nombre d’organismes soient généralement considérés comme faisant partie du secteur public, ils relèvent, pour les allocations familiales, du secteur des travailleurs salariés. Il s’agit essentiellement des universités libres, de la SNCB, de la VRT, etc. La SNCB constitue un cas spécial : elle est le seul organisme du régime des travailleurs salariés qui paie lui-même les allocations familiales à son personnel actif.
Les allocations familiales des pensionnés, des invalides ou des chômeurs de la SNCB sont toutefois gérées par l’ONAFTS.
C. LE REGIME DES TRAVAILLEURS INDEPENDANTS
Les prestations familiales sont une des branches de la sécurité sociale des travailleurs indépendants.
Tous les assujettis – travailleurs indépendants et aidants de travailleurs indépendants – doivent s’affilier à une caisse d’assurances sociales et payer des cotisations de sécurité sociale à cette caisse. Le montant de la cotisation équivaut à un certain pourcentage du revenu professionnel.
L’Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants (INASTI) répartit les recettes entre le secteur des pensions et celui des allocations familiales. Une autre partie est destinée à l’assurance maladie-invalidité.
Les caisses d’assurances sociales libres et la Caisse nationale auxiliaire d’assurances sociales pour travailleurs indépendants paient les allocations familiales aux familles.
L’INASTI examine et gère les dossiers des travailleurs indépendants qui sont affiliés à la Caisse nationale auxiliaire et qui ont droit aux allocations familiales.
Les prestations en faveur des travailleurs indépendants présentent une grande similitude avec celles du régime des travailleurs salariés. Pour les enfants handicapés, les orphelins et les enfants d’invalides, il n’existe pas de différence. Mais pour les bénéficiaires d’un taux ordinaire ou d’un taux majoré pour pensionnés, l’enfant de 1er rang reçoit un montant moins élevé que dans le régime des salariés et l’enfant unique ou dernier né d’une famille ne reçoit pas de supplément d’âge.
D. LE REGIME DES PRESTATIONS FAMILIALES GARANTIES
Si aucun droit ne peut être acquis dans aucun des régimes précédents, on peut encore adresser une demande à l’ONAFTS en vue d’obtenir les prestations familiales garanties.
C’est pourquoi on qualifie les prestations familiales garanties de régime résiduaire : il est destiné aux enfants qui n’ont aucun droit aux allocations familiales dans un des régimes belges, étrangers ou internationaux existants. Les enfants doivent être principalement à charge d’une personne physique qui réside en Belgique et dont les ressources ne dépassent
pas un certain plafond.
L’Office national d’allocations familiales pour travailleurs salariés est compétent pour l’examen des dossiers et le paiement des prestations familiales garanties.
Le barème des prestations familiales garanties est plus élevé que celui prévu dans le régime des travailleurs salariés pour les enfants ne bénéficiant que d’un taux ordinaire. Il correspond au barème pour ces derniers augmenté des suppléments en faveur des enfants de chômeurs de plus de six mois et de pensionnés.